Le Minader, le Mincommerce et les organisations de la filière cacao ont signé mercredi, 13 janvier, à Yaoundé, un cadre d’action pour préserver les forêts camerounaises.
Un cacao sans déforestation. C’est l’enjeu majeur du cadre d’action commun que les ministères en charge du Commerce, de l’Agriculture et les organisations de producteurs de cacao à savoir le FODECC, l’ONCC et le CICC ont signé ce 13 janvier 2021 dans la ville de Yaoundé. Ces différentes parties s’accordent désormais à œuvrer ensemble pour la préservation des forêts au Cameroun. Chaque partie doit tenir ses engagements. Au producteur, il est demandé de veiller à ne pas détruire la forêt. Pour ce faire, le gouvernement doit veiller à le faire rémunérer à sa juste valeur. Le cadre commun est donc très important car il inscrit dans une mouvance internationale qui vise à préserver l’environnement. Il va aussi permettre de développer des programmes et des projets pour aider le Cameroun à produire le cacao durable, sans détruire la biodiversité des forêts. Cet instrument s’appuie selon le MINADER sur la déclaration d’intention issue de la réunion de Mars 2017 à Londres. Elle définit « les engagements fondamentaux et les autres conditions préalables requises pour une chaine d’approvisionnement en cacao sans déforestation ».
Le cadre d’action s’articule autour de trois thèmes : La protection et la restauration des forêts ; la production durable et la commercialisation, et enfin l’engagement communautaire et l’inclusion. Lesdits thèmes trouvent tout leur sens avec la réalité. Car selon des analystes, le Cameroun a perdu 1,32 million d’hectares de foret en 2 décennies. Les causes sont légions. L’on déplore l’urbanisation grandissante, les changements climatiques, l’agriculture de rente sauvage et bien sur la cacaoculture. Cette dernière cause le reflux de la flore qui conduit à la déforestation. Et pourtant, le Cameroun, 3e plus grand producteur de cacao en Afrique, entend renforcer sa production passant de 300 mille tonnes aujourd’hui à 640 mille tonnes par an à l’horizon 2035.
En rappel, le processus d’élaboration de la feuille de route pour un cacao sans déforestation a été lance le 31 janvier 2019 en terre camerounaise. Il répond aux objectifs de la création d’un Label ‘‘ Cameroon Green Cocoa’’ pour valoriser l’origine et la mise sur le marché d’un cacao fin répondant non seulement aux spécificités du terroir, mais aussi respectant les normes internationales de protection de la biodiversité. Ainsi, les parties prenantes à l’accord s’engagent à se conformer à la loi de janvier 1994 portant sur le régime des forêts, de la faune, et de la pêche au Cameroun.
T. Nina ONGBEHOCK

